LeS ChRoNiQuEs Du LaRvAiRe
"Les deux ailes en avant !" 
 

Jeudi 26 janvier 2006

La Lune noire
(14 mars 2003)


C’est terrifiant.
J’ai atteint le Point.
L'intersection de deux ellipses.
Le point vacant
Le vide autour, le vide en moi.
Le Bien.
J’ai survécu à l’hiver.

Le Soleil (le Haut),
Le Corps (le Bas),
La Chaleur (le Pont).

Le soleil est vibration
Le corps est résonance
Envahi par mon corps
Emmêlé de mélanine
L’amour en moi, l’amour pour moi
Je suis Un,
Autarcique
Puissant
L'iguane est mon totem

La fin de la première quête
Le point de suspension
Le centre du Maelström
Le chaos, de haut
Je marche sur mes erreurs ...


Dimanche 22 janvier 2006

Colmate les persiennes
17 mai 2004

 

Les protagonistes changent, mais pas les textes : je parle toujours de la même personne, tout le monde parle toujours de la même personne. C’est la sempiternelle déclinaison de l’Instant Premier.

Log-in dans le cube virtuel, nous jouons comme des petits dieux, nous transperçons nos corps de bonzes à coup de sabre ou de lance jusque tôt le matin. Et le moindre de ses gestes donne à l’oxygène un mouvement magnétique qui suggère à mes artères de se dilater pour faire passage aux chars de la Préemption Charnelle.Le contact, probatoire.

***

Je suis l’Ouranos qui pèse sur sa Terre d’Afrique, sa peau est une résine adsorbante de fer et de sable, elle fixe chacune des molécules de mon humidité dans un bruit crépitant, et restitue l’énergie solaire accumulée au fil des jours dans une fluorescence qui scinde les molécules de mon sang. Ma peau s’allergise au contact du tissu quand mon corps est amoureux. Libéré du lin, je glisse entre ses draps, je suis le serpent ailé de Mu. La lime de ses ongles incise finement mais profondément mes omoplates et libère les blattes grouillantes de la frustration, enkystées comme autant de blastomères énucléés à la petite cuillère. C’est ce qui pouvait arriver de mieux à mon esprit : la dissolution de l’assemblée. Dans la pièce aux volets cassés, mes tympans se font tambour et l’air est si pleinement vidé de ses photons que l’influx nerveux s’inverse dans mes voies optiques : mon cerveau devient

émetteur dans le cosmos.


Samedi 21 janvier 2006

Mon corps tout entier est devenu un boulet de chair à canon. Toute l’inertie dans mon épaule droite, soixante-dix-kilos de graisse, de muscle, enveloppés dans une armature de phosphore et de calcium, masse galvanisée par l’énergie cinétique.

Dans l'impact, j'existe.

Je me lamente sur mon vélo. Il se lamente sur sa portière. Personne ne pleure sur mon corps.
-oh merde, oh merde (il sort son portable) allô Georges-alain ? Je suis rue F., je viens de garer la voiture et j’ai ouvert ma portière sans regarder, je viens de ramasser un gone (mon visage prend une expression de sévérité extrême, il raccroche. Il gémit : ) c’est ma faute, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, c’est ma faute !
-oui.
-vous êtes pâle, vous êtes sous le choc ?
-non, je suis excédé.
-vous voulez aller à l’hôpital ? Il y en a un pas loin…
-je sais, j’y vais tous les matins.

Je contemple la trace de l’impact. Le soleil brille sur la taule froissée. Je suis impressionné par la puissance de mon corps. Sa portière est foutue. Je contemple la trace de l’impact. Le sang coagulé ne reflète plus le soleil. L’inflammation continue.

La peur signale la faute avant.
La douleur signale la faute après.
rubor, dolor,calor, tumor
L’hémoglobine sur le bout de la langue,le goût du métal
Chaleur, Douleur, Rougeur,la trinité du traumatisme,
le Corps Vivant,
L'érythème naissant
Douleur exquise.
Samedi 14 janvier 2006

Je suis une fontaine de sang (mon amour)

l'amour est un rêve à deux directions
quitte moi maintenant - reviens ce soir
la marée te montrera le chemin
oublie mon nom va-t-en vite

orque piégée dans une baie
à des kilomètres de l'océan

je suis une coulée de cendres
qui brûle sous tes pieds

tu es celui qui me parcoure
je suis ta rue à sens unique
je suis un arbre où poussent des coeurs
un pour chacun que tu prends

tu es la terre dont je me nourris
nous somme un cercle
que personne ne peut briser

je suis un murmure dans l'eau
un secret que tu dois entendre
tu es celui qui se fait distant
quand je m'approche de toi
la vie est un collier de larmes
les larmes que tu n'as pas enfilées
sur une ficelle
alors notre amour se deliera -
viens ici
m'aimer est la chose la plus facile.
Mercredi 4 janvier 2006
…à même la terre dans un champ -non un jardin- la boue froide de décembre colle à mon cul en jean j’alterne blockpnées et tachypnées -combattre la psychose et l’acidocétose- un état de conscience altéré qui ralentit les séquences et chaque mouvement est strictement/mentalement/décomposé je pense à mes chémorécepteurs qui tentent de maintenir l’homéostasie -l’amour- ils ne m’ont jamais trahi- maintenir une pression de perfusion cérébrale suffisante mais surtout ne pas vomir –pallesthésies en wave- j’assume l’éthanol et je suis bientôt rejoint par monsieur Arnaud mon bel athée .



son père lui a donné ce prénom pour l'intégration c'est plutôt réussi étudiant en pharmacie mon dealer qui pisse sur moi douche dorée- non à côté de moi- je l'aime putain je l'aime vraiment comme si de rien n’était Arnaud me dit que l’arbre sur lequel il pisse est un magnolia et qu’il a vomi un peu partout dans ce jardin et me propose de me donner un coup de râteau pour en finir avec ma nuque je refuse : je voudrais : qu’il vise : plus haut : le tronc cérébral : tant pis : mais merci : d’avoir proposé. Il me dit qu’il m’aurait achevé - ému merci - car sais-tu que mon souhait secret est d’être tué par un homme que j’aime ? (c’est mon côté tokyoïte) il me dit arrête tes conneries c'est indigne de ton intelligence

Je l’embrasserais si j’étais capable de me lever. Il se sent responsable de moi -amour- mais au final il rentre et me revoici seul à lutter pour survivre à la cirrhose de ma conscience dans la boue froide qui colle à mon cul en jean troué mon sang est désormais combustible le feu est dans mes veines et mon foie devient pâté.

Je réduis l’espérance- de vie et de transcendance.


Jeudi 22 décembre 2005

"L'émotion indisciplinée enrichit la conscience". 

C.Pansaers

 

par Le larvaire publié dans : Vérités
Lundi 19 décembre 2005

"Dans la vie, il faut savoir être tantôt le pigeon, tantôt la statue."

par Le larvaire publié dans : l'ectopique
Jeudi 15 décembre 2005
« Depuis que sa mère était morte, May était le seul être pour qui il ne fut pas Kyo Gisors, mais la plus étroite complicité. « Une complicité consentie, conquise, choisie » pensa-t-il, extraordinairement d’accord avec la nuit, comme si sa pensée n’eut plus été faite pour la lumière.
 
« Les hommes ne sont pas mes semblables, ils sont ceux qui me regardent et me jugent, mes semblables, ce sont ceux qui m’aiment et ne me regardent pas, qui m’aiment contre tout, qui m’aiment contre la déchéance, contre la bassesse, contre la trahison, moi et non ce que j’ai fait ou ferai, qui m’aimeraient tant que je m’aimerai moi-même, jusqu’au suicide, compris… Avec elle seule j’ai en commun cet amour déchiré ou non, comme d’autres ont des enfants malades et qui peuvent mourir… ».
 
Ce n’était certes pas le bonheur, c’était quelquechose de primitif qui s’accordait aux ténèbres et faisait monter en lui une chaleur qui finissait dans une étreinte immobile, comme d’une joue contre une joue – la seule chose en lui qui fut aussi forte que la mort. »
 
 
 
André Malraux, « la condition humaine ».
Mercredi 14 décembre 2005
Ce n'est pas l'idée qui compte, c'est l'action.
Lundi 12 décembre 2005

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