LeS ChRoNiQuEs Du LaRvAiRe
"Les deux ailes en avant !" 
 

Lundi 5 septembre 2005
On ne sait pourquoi - mais faut-il une raison - un mouton turc a sauté dans le vide, s'écrasant au bas du ravin.
Pour ne point faillir à leur réputation, les 1 480 autres ouailles du troupeau ont suivi. Seules 450 ont survécu à cette partie de saute-moutons endiablée, grâce aux corps empilés de leurs défunts congénères qui ont amorti la chute. L'instinct grégaire ne prend pas une ride.
Lundi 5 septembre 2005

Mers, campagne, parfums m'emplissaient d'une vie odorante et je mordais dans le fruit déjà doré du monde, bouleversé de sentir son jus sucré et fort couler le long de mes lèvres.

Lundi 5 septembre 2005

Lorsque vous vous dépréciez auprès des autres, ils sont heureux de vous aider à vous revaloriser. Les connaissances amicales vous enduisent de boniments tel que "il faut d'abord s'aimer soi-même pour aimer les autres !".

Mais dès que vous vous affirmez, dès que vous revendiquez votre valeur et vos exigences, on tentera de gommer vos aspérités par des imprécations : "tu te sens supérieur" "tu es égocentrique" "tu n'as pas à vouloir changer les autres".

Morale : il vaut toujours mieux se déprécier (si possible avec humour), même si vous n'en pensez rien.

 
par Le larvaire publié dans : Vérités
Dimanche 4 septembre 2005
La baleine blanche
4/9/05
 
 
 
C’est la première garde de l’automne. L’unité de soins intensifs est fermée pour travaux, la folle qui devait être internée en HP (hôpital psychiatrique) ne le sera finalement que demain. Nous aurons trois entrées, plus ou moins une selon le décès du patient du 118 (cancer du pancréas, pas de chocolat).
"  Trois TS ! annonce Moktaria. Encore des gamines qui prennent des médicaments parce que leurs mecs les ont plaquées ! Est-ce que je me suicide, moi ? "
L’obésité qui m’est attribuée a fait une TS Rivotril-Laroxyl pour cause que son mec l’a larguée sur la rive comme une grosse chaussette pleine de sable. Elle convulse sur son lit comme une baleine blanche de quarante-six ans se noyant dans ses sanglots, elle répond à toutes mes questions par " mourir ! " .
Je conclue l’examen clinique par : " la patiente se sent en vie et c’est ce qui la dérange ". Les relargages sont de plus en plus violents avec le temps, et je suppose qu’on peut penser que j’ai de la chance d’exercer ce métier, les malheurs des patients décolorant les petits malheurs de ma vie amoureuse quotidienne. Dommage, ça ne marche pas comme ça : voir le malheur du monde s’étaler à vos pieds comme le pétrole de l’Erika sur les berges de l’optimisme, voilà qui ne soulage en rien le sentiment absurde d’être incapable d’échapper au rift vicieux des erreurs passées, pas plus qu’à la sensation aiguë de vivre dans la stérilité d'un amour non viable.
Pendant la pause, je me connecte sur le site du larvaire. Je remarque que je reçois depuis quelques jours des centaines de visiteurs en provenance de l’article suivant :
 
 
Les Chroniques du Larvaire
Le blog qui va vous faire (du) plaisir...
Qui est le Larvaire ? On n'en sait rien et d'un côté on s'en fout. C'est son gros blog qui nous intéresse. Son gros blog bien juteux. Juteux en réflexions, en histoires et en humour. Un style bien à lui, c'est le sourire au lèvre et parfois la bosse dans le slip que vous dévorez ses "notes". Car pour les non-initiés au blog, on dit qu'on poste des notes à chaque fois que l'on publie quelque chose. On le sait, les blogs se développent comme les petits pains de Jésus et nous, on en est avide comme Dracula qui suce ses victimes jusqu'à la moelle. Je n'en dit pas plus et vous invite cordialement à passer quelques instants avec ce garçon qui se dit "beau" et qui couche sur papier ses délires, ses fantasmes et ses aventures...
 
 
Mon égo de corbeau perché ne se sent plus de joie, et c’est à ce moment précis que Jean-Philippe, aide-soignant hétérobogosse et amateur de farces, choisit pour m’éjaculer le contenu de sa grosse seringue d’eau de cologne dans le bas des lombes. Je ris et j’ai envie d’embrasser son sourire.
" Il faudra qu’on aille prendre un verre ensemble " dit-il.
 
Juste un doigt …
 
Jeudi 1 septembre 2005
"Tu me connais prophète, je suis ton pauvre coeur pulsant la vie dans un univers de blessures. A présent, vaisseaux du livre, sur toi, en toi, nous écrivons dans ton sang et avons écrit :
-tout s'arrête, c'est fini."
 
Je retiens mon souffle
Je m'émerveille
Que va-t-il se passer ensuite ?
les rayons du soleil échouent dans mes cheveux
Je marche doucement sur l'air
Un nouveau jour, un nouveau monde
 
pour voir.
 
 
par Le larvaire publié dans : l'ectopique
Mardi 30 août 2005

* La citation du jour

« Une telle anthropologie [le "nivelage" des sexes], qui
entend favoriser des visées égalitaires pour la femme en la
libérant de tout déterminisme biologique, a inspiré en
réalité des idéologies qui promeuvent la mise en cause de
la famille, de sa nature bi-parentale, c'est-à-dire
composée d'un père et d'une mère, ainsi que la mise sur le
même plan de l'homosexualité et de l'hétérosexualité, soit
un nouveau modèle de sexualité polymorphe.»
Le cardinal Ratzinger, l'Express, 25/04/05.

Lundi 29 août 2005
Certains se plaignent de ne pas bénéficier de la joie d’avoir une grande famille.
Ce n’est pas sur cette idée que nous nous sommes rendus, mon frère et moi, à la fête organisée en l’honneur des noces de diamants de nos grands-parents.
Je ne vois pas souvent mon frère. Les affrontements fratricides de l’adolescence n’ont laissé pour toute trace de cendres fertiles que l’urne de notre père.
Ni mon frère ni moi n’avions l’intention de pérenniser le nom de notre filière. Nous étions la branche stérile et cela seyait à notre cynisme. Nos cousins ne l’entendaient pas ainsi, et les enfants blonds se clonaient à Jonsy comme dans le plus sombre des romans de George Orwell : il y en avait deux nouveaux chaque année- des filles essentiellement- et leurs blondeurs associées à leurs prénoms ridicules ne suffisaient pas à les stigmatiser. J’aurai tout le temps de les apprendre à leur adolescence, quand je serai devenu l’oncle sordide et cultivé chez lequel on fugue pour échapper à la beauferie des parents.
 
Voilà ce que c’est de baiser entre cousins. " fut la conclusion de notre étude sur les tares dont nos corps étaient les probables vecteurs.
 
par Le larvaire publié dans : l'ectopique
Lundi 22 août 2005
Malsain.
Je n'autorise qu'on colle ce mot morbide sur ce que je vis. Des mauvais mots, des mots qui ont sali ma vérité. 
 
 La forme est plus importante que le fond puisque c'est elle qui cristallise les souvenirs. La même scène peut changer du tout au tout selon le jour, la nuit, le calme, l'amertume, les mots. Nous nous dirigeons vers la mort, à nous de savoir si nous perdons de notre temps dans nos actes.
 
Cette nuit, j'ai rêvé que j'avais une tumeur rétinienne et qu'on m'enlevait l'oeil droit. Ca ne vous rappelle rien ?
 
par Le larvaire publié dans : l'ectopique
Lundi 22 août 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Le larvaire publié dans : Revue de blogs
Lundi 22 août 2005
La seule ambition d'un humain ne peut être que de sans cesse s'améliorer.
 
 
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