L'état gazeux
15 octobre
La chaleur d'un corps nouveau contre le mien, d'une nuque au creux de ma main.
-il faut que je te dise quelque chose.
Dans la pénombre phosphorescente, la main caresse une moitié de corps brûlé, douceur cartonnée d'une peau dénaturée. La beauté d'un corps confronté à la vie, la souffrance. - oh je ne me souviens de rien... sauf du regard des enfants à l'école.
-Je n'ai jamais connu mon père. Quand il a appris ma venue, il a demandé à ma mère de ne pas me garder, elle avait vingt-neuf ans. Elle l'avait déjà fait pour lui, mais cette fois ce serait différent. Il ne l'aimait probablement plus... Il a eu deux autres enfants, deux garçons. J'ai essayé une fois de sonner chez mes grands-parents paternels, j'y étais allé avec une amie, j'étais complètement flippé... Nous avons inventé tout un scénario pour que je puisse les voir sans qu'ils me reconnaissent.
Nous avons sonné.
Il n'y avait personne.
Depuis je n'ai jamais eu le courage de contacter mon père..
***
-Tu sais, tu as été une vraie bouffée d'oxygène pour moi, dit-il alors que je prends congé.
-Ah ? Alors je ne suis jamais sorti de l'état gazeux...
par Le larvaire
publié dans :
Flirt avec le mâle

