LeS ChRoNiQuEs Du LaRvAiRe
"Les deux ailes en avant !" 
 

Dimanche 15 octobre 2006

Pas comme toi

Pas cette fois

Mercredi 13 juillet 2005

Il s’appelle Max. Je l’ai rencontré dans l’escalier. Ma chambre d’étudiant donne sur leur appartement. Je dis « leur » puisque Max est marié, mais je devrais dire « son » appartement, car , je l’ai senti aussitôt, Max, la belle quarantaine, ne pouvait pas vraiment être le mari de cette femme beaucoup plus âgée et surtout, beaucoup moins féminine que lui, avec laquelle il partage le nom et le toit. Je n’oublierai jamais la rencontre, la manière dont nous nous sommes frôlés dans l’escalier étroit…

D’habitude, les hommes, je ne les vois pas. J’éprouve à leur égard un mélange d’envie pour leur normalité et d’aversion pour leur sexe. Seules les femmes me font me retourner. Sur Max, je me suis retourné pourtant, dans l’escalier, et lui sur moi. Je crois que nous avons l’un et l’autre compris, en même temps, que notre apparence était contre nous, que nous cachions chacun quelque chose.

Ce n’était pas nouveau cette attirance des hommes efféminés pour moi, mais pour la première fois j’en ai compris le sens profond, pour la première fois aussi j’en ai été ému, comme si j’étais devant un frère, un frère de la dissimulation. Max aussi fait semblant d’être quelqu’un d’autre avec les autres, et lui aussi en souffre. L’étudiante en biologie, il a tout de suite frôlé sa bizarrerie, comme moi j’avais frôlé la sienne. Il sait que d’être un homme est mon unique préoccupation. Je sais qu’être une femme est son obsession. C’est sur une femme que je me suis retourné dans l’escalier, et lui, sur un homme, même s’il est loin d’être une femme, même si je suis encore loin d’être un homme. Bien après je me suis dit que l’amour c’était cela : satisfaire le rêve de l’autre en dépit de la réalité, malgré les apparences, tellement contre nous souvent…

Je trouve admirable d’être désiré par une femme –particulièrement s’il s’agit de la plus réussie, de Geneviève- mais qu’un homme désire l’homme qui est en moi ajoute quelquechose à ma certitude de ne pas m’être trompé sur moi-même. Max, quand il me désire, me confirme dans mon état d’homme encore mieux que Geneviève, à qui je n’ai rien dit. D’ailleurs, que pourrais-je lui dire ? Une partie de la vérité ? Que Max aime bien que je vienne chez lui-avec l’absolution de sa femme puisque j’ai appris finalement qu’il a signé un mariage blanc-que je suis son petit protégé ? Que Max me regarde dormir sur le lit du salon, sans m’approcher, sans rien connaître de mon secret. Ou bien toute la vérité ?…


Un soir Max m’approche, confesse son inclination, combien il se sent femme, combien je le fascine moi, l’étudiant caché, le jeune frère déguisé, si évidemment contraire à lui, combien mon contraire l’attire. Moi, tout en émoi, remué, penaud devant tant d’attirance, honteux de mon approximation, du désordre dont il a si peu idée. Moment de l’aveu, longtemps différé, à un autre que Geneviève. Comment dire ? Avec quels mots ? Ceux de la foire ? Ceux de la science ? Jamais vécu, ce moment-là où il faut, en avouant, faire peur, peut-être, ou dégoûter, qui sait ? avec le monstre lâché en ville, sans prévenir.

Et Max, tranquille, Max pas plus impressionné que cela, écoutant le fautif honteux, penaud, comme si, des monstres, il en avait vu toute sa vie, et qui, avec naturel prononce cette phrase, cette sentence définitive à laquelle je sens que je vais pouvoir m’accrocher, me retenir en cas de vertige, mieux qu’à la biologie, quand j’aurai la tête en bas : « homme, femme, les deux à la fois, qu’importe ! Tu es un être ! »

La vérité toute est que deux êtres, ce soir-là, se sont aimés, chacun avec son sexe préféré, Max en femme, moi en homme. (…)Avec Max, parce que lui aussi est singulier, il me semble que ma singularité me pèse moins. Elle me paraît moins accablante finalement qu’avec Geneviève. Geneviève m’oblige à me surpasser. Le « faire comme si » de Geneviève me décourage. Trop haute est la barre avec Geneviève, qui veut d’un homme mais pas du reste, alors que le reste est toujours là : l’imbroglio. Max, lui, mon imbroglio ne le dérange pas. Pour lui c’est ma manière à moi d’être différent, comme lui aussi est différent, ni plus ni moins. Il est évident que Geneviève est trop normale. La normalité des autres est fatiguante quand on est différent, au point de ne plus vouloir faire d’efforts, au point parfois de rêver de ne plus vivre qu’avec ceux qui me ressembleraient, comme moi, condamnés à l’imbroglio du corps ou de la tête. Car ma tête devient sauvage. Il y pousse chaque jour davantage d’herbes folles et une bizarre envie d’être sens dessus dessous, d’être la tête en bas.

Noelle Châtelet « La tête en bas ».
Mercredi 22 juin 2005

"We die containing a richness of lovers and tribes, tastes we have swallowed, bodies we have plunged into and swum up as if rivers of wisdom, characters we have climbed into as if trees, fears we have hidden in as if caves. I wish for all this to be marked on my body when I am dead. I believe in such cartography, to be marked by nature, not just to label ourselves on a map like the names of rich men and women on buildings. We are communal histories, communal books. We are not owned or monogamous in our taste or experience. All I desired was to walk upon such an earth that had no maps.
I carried Katharine Clifton into the desert, where there is the communal book of moonlight. We were among the rumour of wells. In the palace of winds."
Michael Ondaatje, The English patient.


Jeudi 17 mars 2005











Dimanche 13 mars 2005














Dimanche 13 mars 2005
Je viens de faire lire "Les nuits fauves" à Arnaud. Quand il m'a rendu le livre, il m'a dit "moi aussi je m'identifie à un personnage, et ce n'est pas de bonne augure...". J'ai relu certains pasages que je vous confie ici :


« Tout avait changé mais tout était parfaitement semblable. Ne pas savoir eut été pire que tout. »

« Ce que tu ne sais pas et que je voudrais que tu saches, c’est qu’à chaque fois que tu me refuseras ton amour, je descendrai un peu plus bas pour m’assurer de l’inexistence des autres amours, de l’amertume des autres corps à corps. »

« Je savais que mon amour pour Samy, s’il se dévoilait, contiendrait son exacte condamnation. Mais cette impossibilité me fascinait ; ce qui mettrait l’amour en échec n’avait rien à voir cette fois avec les raisons habituelles, un geste, un mot, le ton de la voix, un détail du corps, la manière de se vêtir, la bêtise, l’avarice, chez les garçons l’homosexualité trop visible. Vouloir aimer Samy c’était une manière de participer à un combat planétaire, d’entrer dans l’histoire. Je pensais que ce combat en entraînerait d’autres, pour ces grandes causes pas encore trouvées mais tant désirées. »


« J’étais mû par une frénésie un besoin de nouveau, et à force, je n’étais plus disponible à rien. Cette morale du mouvement qui s’apparentait pour moi à l’instinct de conservation, allait m’enfermer dans l’immobilité absolue : où aller quand on pense avoir épuisé tous les trajets ? »

Dimanche 13 mars 2005





Vendredi 11 mars 2005
















Mercredi 9 mars 2005
La gay pride à Lyon je trouve ça génial j'aime pas pourtant l'exubérance et les foules mais là c'est particulier évidemment on peut critiquer l'image médiatique n'est pas très bonne mais quand on y est la première chose qui marque c'est UNE MANIFESTATION JOYEUSE contrairement aux autres manifestations sociales ça se passe au mois de juin les vêtements commencent à s'envoler et puis là il y a eut l'averse c'était T-shirt mouillés et puis j'étais en compagnie de MARYA-ULRIKA POTE DE LA GLOTTE SACREE soeur de la perpétuelle indulgence et puis c'est agréable de se faire draguer par trois mecs en trente minutes et de défiler à côté des policiers gayj'ai vu des gamins de quatre ans danser sur de la techno devant l'hôtel de ville j'ai trouvé ça génial ça rajeunissait la capitale des gaules...













Mardi 15 février 2005




 
 
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