LeS ChRoNiQuEs Du LaRvAiRe
"Les deux ailes en avant !" 
 

Lundi 9 octobre 2006

 

Gabriel 

s'attend

à plus

qu'un sentiment

 

 

 

 

 qu'un baiser

brûle sa peau

les deux ailes en avant

 

Vendredi 10 février 2006
Le chat et son étron
attention- scatologie animalière

 

 


Trente secondes après mon départ le Moscou-Paris se lève blizzard coupant la poussière de diamant fissure mon épiderme virginal je souffre pas pris de bonnet ni d'écharpe je passe comme d'habitude devant l'école juive les juifs ça m'excite le premier mec que j'ai aimé était juif je savais pas ce que c'était l'étoile de David avant de la voir briller sur un beau torse basané et velu je lis sur le visage des automobilistes la compassion eh oui je suis le martyre cycliste j'inhale le dioxyde de soufre pour vous permettre de rouler en Diesel en écoutant France Info c'est quand même pratique des arcades sourciliaires quand il pleut à défaut d'avoir des garde-boues j'arrive au pied de la colline je termine à pied je suis trempé attention scatologie une divinité (c'est-à-dire plus prosaïquement un chat) est en train de chier comme chaque matin sur la pelouse mais sa merde se cristallise progressivement il n'arrive plus à pousser il force il force l'étron se casse comme il a l'habitude de bouffer sa merde il ne s'en prive pas c'est un esquimau au chocolat  je traverse le Pont Churchill je change de kekkaï j'escalade le grand escalier les marches quatre à quatre c'est mon entrainement de chevalier d'acier je parviens au sommet enneigé de la colline devant moi se dresse le GRAND HOPITAL de la ville avec son horloge qui appelle la foudre comme dans Retour vers le futur j'entre dans le service des petites flaques se forment autour de moi floutch floutch mon chef de service me dit bonjour avec un sourire pincé-coincé il ressemble à Desty Nova et paf il fout le verre à trois miroirs dans l'oeil d'une femme c'est une sourde congénitale couturière elle m'impressionne lire sur les lèvres c'est fort quand même elle a des yeux de langouste des yeux myopes ie trop longs par rapport à la convergence du cristallin décollement de rétine elle dit j'ai pas pris mes gouttes ça pique je préfère l'homéopathie le chef l'engueule bien en face pour lui montrer qu'il n'est pas content elle est morte de rire Mathieu à ma droite l'interne qui sort de la star'ac conscient de sa bogossitude il me fait bander mais trop hétéro probablement qui sait dommage que je sois pas aussi canon que lui pour essayer de lui faire des avances ya Arnaud aussi un mètre quatre-vingt quinze j'adore les masses moi aussi je veux AUGMENTER LA MASSE DEVENIR LA MASSE LE ROCK augmenter la masse musculaire épuiser le coeur accélérer la sénéscence et l'angor manger quatre-cent grammes de viande par jour et des haltères de douze kilos malheureusement c'est génétiquement réglé tant pis je reste bien foutu avec mon mètre quatre-vingt enfin soixante-dix-neuf mais quatre-vingt ça fait plus clâsse ... patiente suivante marocaine le diabète au Maghreb c'est catastrophique je dis ils devraient intégrer une sourate sur les préceptes du diabétique dans le coran les patients suivraient mieux leur traitement visite terminée je me barre RDV banque Succession de Mère Grand des sous ça fait toujours plaisir ... Joyeuse Saint-Valentin, je me la souhaite à moi-même puisque je n'aime personne et que personne ne m'aimeuh : appelez-moi Caliméro. Jvais offrir des fleurs à ma main droite elle a bien travaillé depuis quatre ans...

Jeudi 26 janvier 2006

La Lune noire
(14 mars 2003)


C’est terrifiant.
J’ai atteint le Point.
L'intersection de deux ellipses.
Le point vacant
Le vide autour, le vide en moi.
Le Bien.
J’ai survécu à l’hiver.

Le Soleil (le Haut),
Le Corps (le Bas),
La Chaleur (le Pont).

Le soleil est vibration
Le corps est résonance
Envahi par mon corps
Emmêlé de mélanine
L’amour en moi, l’amour pour moi
Je suis Un,
Autarcique
Puissant
L'iguane est mon totem

La fin de la première quête
Le point de suspension
Le centre du Maelström
Le chaos, de haut
Je marche sur mes erreurs ...


Dimanche 22 janvier 2006

Colmate les persiennes
17 mai 2004

 

Les protagonistes changent, mais pas les textes : je parle toujours de la même personne, tout le monde parle toujours de la même personne. C’est la sempiternelle déclinaison de l’Instant Premier.

Log-in dans le cube virtuel, nous jouons comme des petits dieux, nous transperçons nos corps de bonzes à coup de sabre ou de lance jusque tôt le matin. Et le moindre de ses gestes donne à l’oxygène un mouvement magnétique qui suggère à mes artères de se dilater pour faire passage aux chars de la Préemption Charnelle.Le contact, probatoire.

***

Je suis l’Ouranos qui pèse sur sa Terre d’Afrique, sa peau est une résine adsorbante de fer et de sable, elle fixe chacune des molécules de mon humidité dans un bruit crépitant, et restitue l’énergie solaire accumulée au fil des jours dans une fluorescence qui scinde les molécules de mon sang. Ma peau s’allergise au contact du tissu quand mon corps est amoureux. Libéré du lin, je glisse entre ses draps, je suis le serpent ailé de Mu. La lime de ses ongles incise finement mais profondément mes omoplates et libère les blattes grouillantes de la frustration, enkystées comme autant de blastomères énucléés à la petite cuillère. C’est ce qui pouvait arriver de mieux à mon esprit : la dissolution de l’assemblée. Dans la pièce aux volets cassés, mes tympans se font tambour et l’air est si pleinement vidé de ses photons que l’influx nerveux s’inverse dans mes voies optiques : mon cerveau devient

émetteur dans le cosmos.


Samedi 21 janvier 2006

Mon corps tout entier est devenu un boulet de chair à canon. Toute l’inertie dans mon épaule droite, soixante-dix-kilos de graisse, de muscle, enveloppés dans une armature de phosphore et de calcium, masse galvanisée par l’énergie cinétique.

Dans l'impact, j'existe.

Je me lamente sur mon vélo. Il se lamente sur sa portière. Personne ne pleure sur mon corps.
-oh merde, oh merde (il sort son portable) allô Georges-alain ? Je suis rue F., je viens de garer la voiture et j’ai ouvert ma portière sans regarder, je viens de ramasser un gone (mon visage prend une expression de sévérité extrême, il raccroche. Il gémit : ) c’est ma faute, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, c’est ma faute !
-oui.
-vous êtes pâle, vous êtes sous le choc ?
-non, je suis excédé.
-vous voulez aller à l’hôpital ? Il y en a un pas loin…
-je sais, j’y vais tous les matins.

Je contemple la trace de l’impact. Le soleil brille sur la taule froissée. Je suis impressionné par la puissance de mon corps. Sa portière est foutue. Je contemple la trace de l’impact. Le sang coagulé ne reflète plus le soleil. L’inflammation continue.

La peur signale la faute avant.
La douleur signale la faute après.
rubor, dolor,calor, tumor
L’hémoglobine sur le bout de la langue,le goût du métal
Chaleur, Douleur, Rougeur,la trinité du traumatisme,
le Corps Vivant,
L'érythème naissant
Douleur exquise.
Mercredi 4 janvier 2006
…à même la terre dans un champ -non un jardin- la boue froide de décembre colle à mon cul en jean j’alterne blockpnées et tachypnées -combattre la psychose et l’acidocétose- un état de conscience altéré qui ralentit les séquences et chaque mouvement est strictement/mentalement/décomposé je pense à mes chémorécepteurs qui tentent de maintenir l’homéostasie -l’amour- ils ne m’ont jamais trahi- maintenir une pression de perfusion cérébrale suffisante mais surtout ne pas vomir –pallesthésies en wave- j’assume l’éthanol et je suis bientôt rejoint par monsieur Arnaud mon bel athée .



son père lui a donné ce prénom pour l'intégration c'est plutôt réussi étudiant en pharmacie mon dealer qui pisse sur moi douche dorée- non à côté de moi- je l'aime putain je l'aime vraiment comme si de rien n’était Arnaud me dit que l’arbre sur lequel il pisse est un magnolia et qu’il a vomi un peu partout dans ce jardin et me propose de me donner un coup de râteau pour en finir avec ma nuque je refuse : je voudrais : qu’il vise : plus haut : le tronc cérébral : tant pis : mais merci : d’avoir proposé. Il me dit qu’il m’aurait achevé - ému merci - car sais-tu que mon souhait secret est d’être tué par un homme que j’aime ? (c’est mon côté tokyoïte) il me dit arrête tes conneries c'est indigne de ton intelligence

Je l’embrasserais si j’étais capable de me lever. Il se sent responsable de moi -amour- mais au final il rentre et me revoici seul à lutter pour survivre à la cirrhose de ma conscience dans la boue froide qui colle à mon cul en jean troué mon sang est désormais combustible le feu est dans mes veines et mon foie devient pâté.

Je réduis l’espérance- de vie et de transcendance.


Lundi 12 décembre 2005

.

Dimanche 16 octobre 2005
L'état gazeux
15 octobre
 
 
 
 
 
La chaleur d'un corps nouveau contre le mien, d'une nuque au creux de ma main.
 
-il faut que je te dise quelque chose.
 
Dans la pénombre phosphorescente, la main caresse une moitié de corps brûlé, douceur cartonnée d'une peau dénaturée. La beauté d'un corps confronté à la vie, la souffrance. - oh je ne me souviens de rien... sauf du regard des enfants à l'école.
 
-Je n'ai jamais connu mon père. Quand il a appris ma venue, il a demandé à ma mère de ne pas me garder, elle avait vingt-neuf ans. Elle l'avait déjà fait pour lui, mais cette fois ce serait différent. Il ne l'aimait probablement plus... Il a eu deux autres enfants, deux garçons. J'ai essayé une fois de sonner chez mes grands-parents paternels, j'y étais allé avec une amie, j'étais complètement flippé... Nous avons inventé tout un scénario pour que je puisse les voir sans qu'ils me reconnaissent.
 
Nous avons sonné.
 
Il n'y avait personne.
 
Depuis je n'ai jamais eu le courage de contacter mon père..
 
 
***
 
 
-Tu sais, tu as été une vraie bouffée d'oxygène pour moi, dit-il alors que je prends congé.
 
-Ah ? Alors je ne suis jamais sorti de l'état gazeux...
 
 
 
 
 
 
 
 
Mercredi 5 octobre 2005

 

 

 

 

 

J'avais fait le choix de partir, c'est-à-dire qu'entre le présent et le changement, entre l'inertie et le mouvement, j'avais choisi la voie la plus entropique. Soulever le monde, tout remettre en cause comme rien n'allant de soi, accepter la solitude l'incompréhension et les reproches pour une croyance absurde que c'était mieux là-bas. Tout laisser, le bon et le gâché, restait-il une chose non gâchée ici, sans pessimisme, n'était-ce pas le destin de toute chose de finir gâchée par l'ennui ou l'oubli ? Le temps est le seul donneur de leçon que personne ne blâme et que tout le monde écoute...

Je savais bien qu'il me faudrait payer un prix, et qu'il risquait fort d'être élevé en regrets et en larmes, que les embûches seraient nombreuses avant d'arriver au bout du désert et de dire : "j'ai fait le bon choix".
J'avais traversé la Provence, le Gard et l'Hérault pour me retrouver sur les bancs d'un amphithéâtre inconnu, sermonné du sempiternel discours d'excellence ( alors même que mon ancienne faculté n'avait plus que faire de mon devenir, seul mon classement l'intéressait désormais pour ses statistiques.) Le chef des internes, dont tout indique qu'il est orthopédiste, clame :

- VOUS ALLEZ VIVRE LES PLUS BELLES ANNEES DE VOTRE VIE ! (on me l'a déjà faite en seconde et en deuxième année celle-là) CERTAINS D'ENTRE VOUS VONT MEME FAIRE DES ENFANTS !

***

IL FAUDRA APPRENDRE A CHANTER ! hurle-t-il plus tard alors qu'il s'était assoupi pendant le discours de nos "partenaires privilégiés" de l'AGMF...

Je rencontre ma dream team de cointernes. Dans le désordre : une bourgeoise angoissée, une maghrébine désoeuvrée, un serial killer, un deschien, la fille cachée d'obélix, et moi, de quoi ai-je l'air dans mon t-shirt blanc cotelé moulant et mes cheveux trop longs imbibés de gel bon marché ?

S'en suit le mouvement douloureux, la raison de notre présence ici...
 
***


Qu'aimerais-je faire ? Tiens, les urgences psychiatriques ce serait bien... Je pourrai être tout de suite formé, je verrai des conjugopathies, les cas sociaux, les schizophrènes qui décompensent... la vie quoi.

-Suzanne, tu veux faire les urgences psychiatriques ? parfait !
 
***
 
"Tu ne vas pas te plaindre d'être troisième ? tu as la spécialité que tu veux dans la ville que tu veux". Cette phrase, je ne l'ai pas pensée.
 
Obélix prend le 19. On me conseille finalement de prendre le B2. Quand je demande à Cécile ce que signifient ces chiffres, B2, 19, 25 elle se moque de moi en me disant "ouh là, toi les chiffres ça t'angoisse !". Connasse.. et c'est sa réponse.
 
J'hésite. B2 à montpellier ou B3 à Nîmes ? Prends B 2 !!
 
Le moment du choix. J'annonce le B2, calmement.
 
Tout le monde se sépare. Je vais me présenter dans mon pavillon.
 
***
 
L'infirmière se fige quand je lui annonce que je vais être l'interne du prochain semestre. Elle m'emmène dans le bureau médical où je m'assois face à une interne de dernier semestre dont le prénom -françoise- et l'apparence me signalent que nous ne sommes pas de connivence dans la même génération.
 
- tu es en quelle année ?
 
-c'est mon premier semestre...
 
Ses pupilles fatiguées se dilatent brutalement.
 
-MAIS QUE FAIS-TU LA ?
 
- ben le poste n'a pas été pris par les internes des années supérieures..
 
- ah, tu n'avais pas le choix ! moi aussi j'étais mal classée !
 
-mais si j'avais le choix, j'étais troisième sur neuf...
 
- MAIS ALORS POURQUOI ES-TU VENU ICI ?
 
- je chuchote : parcequ'on me l'a conseillé...
 
-je ne vois pas qui peut conseiller un stage pareil ! Ici l'équipe infirmière déteste les médecins, qui par ailleurs ne sont jamais présents, ce sont les internes qui font tourner le bateau ! TU N'APPRENDRAS RIEN ICI ! ce stage je l'ai pris pour avoir du temps mais toi tu n'en as rien à foutre c'est d'être formé qui compte et ça tu ne le trouveras pas ici ! Je pense même que ce poste ne va pas tarder à être supprimé...
 
Elle s'aperçoit tardivement de ma mine déconfite.
 
-oh tu sais tu n'es pas le premier qui commence par un semestre pourri...
 
-MAIS J'AVAIS LE CHOIX !!!
 
En fait je n'ai pas du tout dit ça.
 
Je lui ai demandé, la gorge serrée, si elle avait un livre à me conseiller avant de commencer.
-"Psychopharmacologie", il est très bien.
 
L'histoire révélera que ce livre coûte rien moins que soixante-dix huit euros.
 
 
 
 
 
 
Je marche seul dans les rues du centre-ville.
 
"Tu vois toujours tout en noir."
 
" Tu ne retiens que les mauvaises phrases"
 
"Tu aurais pu mieux faire".
 
 
Toutes ces phrases prononcées par le même absent.
 
"Tu prends un petit élément qui ne va pas et tu en fais une montagne". Cette phrase je ne l'ai pas pensée.
 
J'attends toujours, depuis six mois j'attends et je redoute dans la stupeur et les tremblements... mon avenir.Je pense déjà à mon deuxième semestre. Je vais prendre la médecine légale. J'ai envie de découper des cadavres.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Lundi 5 septembre 2005

Mers, campagne, parfums m'emplissaient d'une vie odorante et je mordais dans le fruit déjà doré du monde, bouleversé de sentir son jus sucré et fort couler le long de mes lèvres.

 
 
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