Pornographie mémorielle
Je viens de voir le film « un amour à taire ».
Il faut d'abord rendre hommage à ce film de parler du triangle rose sans passer par Pink TV ou par Act Up.
Ce nest pas un hasard si ce film nest pas sorti au moment de la commémoration du soixantième anniversaire de la Shoah, la communauté juive se serait-elle sentie offensée quon mêle lholocauste à la déportation de quelques centaines de milliers dhomosexuels ? Et Dieudonné qui met la provoc là où ça fait mal : "pornographie mémorielle"...
On lui avait demandé d'attendre que passe le débat autour de la déportation des Noirs. Faut pas confondre les noirs entre eux.
Aujourdhui tout le monde veut avoir été déporté, avoir souffert. Cest un honneur.Simone Weil est une grande femme. « Le danger, cest la saturation » a-t-elle répondu à Serge July.
On ma saturé de seconde guère mondiale, on ma badigeonné d'une mémoire qui n'était pas la mienne, et moi je pensais que ce nétait pas le rôle de léducation nationale, parcequon utilisait la culpabilité comme on utilise le péché dans la Bible, pour agenouiller les consciences face au Mal Absolu. "Le plus jamais ça" qui se transforme en dictature de la commémoration.
Aujourdhui japprends que ce na pas toujours été le cas, quon a tu la Shoah pendant quarante ans. Cest donc mieux ainsi. Même si jai dû porter avec ma génération, en plus de mes médiocres malheurs familiaux, du chômage et de la dette publique, un génocide et une pandémie, moi dont jai su ce que signifiaient les quatre lettres du mot SIDA avant de connaître celles du mot SEXE.Aujourdhui, le génocide est toujours à la mode. Acteurs ou spectateurs, nous sommes preneurs.
Le pays dans lequel je suis né parfois me fait peur. C'est étrange de se dire qu'on ne sera pas soutenu, inconditionnellement, au nom de son humanité, par sa propre patrie.
Je fais parfois le même rêve : je suis dans une église, au milieu d'une assemblée et le tribun dit "il y a un intru parmi nous", et les portes se ferment...
Voir l'article du site de Jean-Yves : http://jeanyves.over-blog.com/article-176080-6.html Il faut d'abord rendre hommage à ce film de parler du triangle rose sans passer par Pink TV ou par Act Up.
Ce nest pas un hasard si ce film nest pas sorti au moment de la commémoration du soixantième anniversaire de la Shoah, la communauté juive se serait-elle sentie offensée quon mêle lholocauste à la déportation de quelques centaines de milliers dhomosexuels ? Et Dieudonné qui met la provoc là où ça fait mal : "pornographie mémorielle"...
On lui avait demandé d'attendre que passe le débat autour de la déportation des Noirs. Faut pas confondre les noirs entre eux.
Aujourdhui tout le monde veut avoir été déporté, avoir souffert. Cest un honneur.Simone Weil est une grande femme. « Le danger, cest la saturation » a-t-elle répondu à Serge July.
On ma saturé de seconde guère mondiale, on ma badigeonné d'une mémoire qui n'était pas la mienne, et moi je pensais que ce nétait pas le rôle de léducation nationale, parcequon utilisait la culpabilité comme on utilise le péché dans la Bible, pour agenouiller les consciences face au Mal Absolu. "Le plus jamais ça" qui se transforme en dictature de la commémoration.
Aujourdhui japprends que ce na pas toujours été le cas, quon a tu la Shoah pendant quarante ans. Cest donc mieux ainsi. Même si jai dû porter avec ma génération, en plus de mes médiocres malheurs familiaux, du chômage et de la dette publique, un génocide et une pandémie, moi dont jai su ce que signifiaient les quatre lettres du mot SIDA avant de connaître celles du mot SEXE.Aujourdhui, le génocide est toujours à la mode. Acteurs ou spectateurs, nous sommes preneurs.
Le pays dans lequel je suis né parfois me fait peur. C'est étrange de se dire qu'on ne sera pas soutenu, inconditionnellement, au nom de son humanité, par sa propre patrie.
Je fais parfois le même rêve : je suis dans une église, au milieu d'une assemblée et le tribun dit "il y a un intru parmi nous", et les portes se ferment...
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