Pourquoi j'aime ... Cyrille Collard

Publié le par G. F.

Je viens de faire lire "Les nuits fauves" à Arnaud. Quand il m'a rendu le livre, il m'a dit "moi aussi je m'identifie à un personnage, et ce n'est pas de bonne augure...". J'ai relu certains pasages que je vous confie ici :


« Tout avait changé mais tout était parfaitement semblable. Ne pas savoir eut été pire que tout. »

« Ce que tu ne sais pas et que je voudrais que tu saches, c’est qu’à chaque fois que tu me refuseras ton amour, je descendrai un peu plus bas pour m’assurer de l’inexistence des autres amours, de l’amertume des autres corps à corps. »

« Je savais que mon amour pour Samy, s’il se dévoilait, contiendrait son exacte condamnation. Mais cette impossibilité me fascinait ; ce qui mettrait l’amour en échec n’avait rien à voir cette fois avec les raisons habituelles, un geste, un mot, le ton de la voix, un détail du corps, la manière de se vêtir, la bêtise, l’avarice, chez les garçons l’homosexualité trop visible. Vouloir aimer Samy c’était une manière de participer à un combat planétaire, d’entrer dans l’histoire. Je pensais que ce combat en entraînerait d’autres, pour ces grandes causes pas encore trouvées mais tant désirées. »


« J’étais mû par une frénésie un besoin de nouveau, et à force, je n’étais plus disponible à rien. Cette morale du mouvement qui s’apparentait pour moi à l’instinct de conservation, allait m’enfermer dans l’immobilité absolue : où aller quand on pense avoir épuisé tous les trajets ? »

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