Massacre à Cluny
Massacre à Cluny
6 octobre 2005
Service d'exploration fonctionnelle.
Le premier patient a une névralgie du IX, et un diabète qui a conduit son gros orteil gauche à la nécrose.
Le deuxième patient est beaucoup plus intéressant. Epilepsie temporale. Lors de ses crises, il chute, mord sa langue, et ne se souvient de rien pendant les quinze minutes qui suivent.
C'est ce qu'il a déclaré aux autorités judiciaires à propos du massacre de sa jument, assurée pour une valeur de 25000 francs -alors qu'il avait besoin d'argent. Il s'était "fâché avec elle" mais ne l'a jamais découpée à la machette, malgré le sang qui maculait son pull...
Sa mère l'attachait au lit et le frappait avec un ceinturon. Son père était autoritaire. Le compte-rendu d'expertise indique qu'il n'a pas de relations affectives "et encore moins sexuelles". Le service militaire n'a rien arrangé.
La première phrase qu'il prononce est : "à trente-neuf ans, je suis toujours puceau, c'est à cause de l'épilepsie."
Il était plutôt séduisant.
On me demande d'examiner un patient aux potentiels évoqués. Il me raconte un peu son histoire : " à vingt ans, j'avais un varicocoèle, le spermogramme a révélé une stérilité, mes spermatozoïde étaient trop mous. On a adopté deux superbes enfants. J'ai refait un spermogramme à cinquante ans pour une prostatite : en fait tout était redevenu normal ! j'ai été soigné par le docteur L., qui s'occupe aussi des prothèses péniennes. Un jour, à sa consultation, je discutais avec un jeune homme, il m'a demandé de le raccompagner à l'aéroport. J'ai pris un verre avec lui, il était tout à fait sympathique. A la consultation suivante, Le pr L. m'a demandé :
"- alors, vous l'avez trouvé comment ce jeune homme ?
- très bien.
-parcequ'en fait, c'est une jeune fille que je suis en train de transformer. Pour moi, votre témoignage est le meilleur test qui existe".
Une matinée d'externat comme les autres ...
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